la victoire de Bolsonaro légitime une culture de la violence

 Entrevista dada à revista belga Démocratie n.2 13 de fevereiro de 2019

Alors qu’au Brésil, la situation politique s’enfonce chaque jour davantage dans le chaos et que se dessinent des perspectives sombres et incertaines, Leonardo Boff, éminent théologien et penseur brésilien, nous propose une vision du futur de son pays qui n’est pas dénuée d’espoir. Cet homme de gauche, proche de Lula1, nous rappelle l’impor- tance de la théologie de la libération dans la mise en place des mouvements sociaux et de leurs combats en faveur des catégories les plus pauvres et marginalisées.

Comment expliquez-vous la victoire
du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, le 28 octobre dernier?

Tout d’abord, bien qu’elle paraisse joviale et hospi- talière, la société brésilienne est conservatrice. Les questions qui touchent à la famille traditionnelle comme l’homosexualité, le mariage entre personnes de même sexe, mais aussi celles liées aux Noirs2, ainsi qu’aux Quilombolas3 et aux peuples autoch- tones, sont généralement rejetées ou débattues de manière négative. Tous ces groupes ont souffert et souffrent encore beaucoup de préjugés et de discri- mination. Ensuite, les classes dominantes 4 n’ont ja- mais accepté qu’un travailleur du Nordeste accède à la présidence du pays. Ils ont toujours cherché à le piéger. Ils ont réussi l’impeachment de Dilma Roussef et finalement via le Lava-Jato 5 et en utilisant la Lawfare 6, Lula a été condamné et emprisonné, sans preuve claire, sans matérialité criminelle. Ces élites, riches et très riches, ont toujours contrôlé l’État pour obtenir leurs privilèges. Elles ont réussi à désigner un candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, qui, élu, ferait le jeu de ces élites et de ses stratégies qui consistent à réduire le pouvoir de l’État, à privatiser autant que possible les communs (les biens naturels) comme le pré-sel7, les centrales électriques, les terres amazoniennes. Pour y arriver, elles ont désigné un bouc émissaire: le PT comme parti le plus corrompu de l’histoire et Lula comme voleur. Ainsi, un anti-PTisme généralisé a été créé, ce qui a totalement empêché la formation d’une discussion sérieuse sur un projet de société pour le Brésil.

Deplus, Jair Bolsonaro, impréparé à son futur rôle et véritable ignorant, a évité tous les débats et utilisé des milliers de fausses nouvelles (fake news) en provenance de l’Irlande et du Portugal, discréditant le candidat du PT à la présidence, Fernando Haddad, une personne honorable. Près de 70 % des personnes interrogées sur ces mensonges ont dit leur accorder du crédit. L’élection de Bolsonaro repose donc sur une fraude qui a trompé, avec l’aide des marchés et des oligarchies économiques, des millions de Brési- liens fanatisés.

Après un mois de gouvernement,
quelle est la situation ?

C’est déjà un chaos indescriptible. Les postes-clés du gouvernement sont occupés par des généraux à la retraite, de sorte que nous sommes gouvernés, pratiquement, par l’armée qui contrôle tout… La victoire frauduleuse de Bolsonaro a légitimé une culture de la violence. Elle existait déjà dans le pays à des niveaux insupportables comme l’attestent les plus de 62.000 meurtres par an. Mais maintenant elle se sent légitimée par le discours de haine qu’il a nourri pendant la campagne. Une réalité aussi sinistre débouche sur une forte impuissance et un vide d’espoir.

Dans ce contexte sombre et incertain, voyez-vous malgré tout de l’espoir ?

Je pars de l’hypothèse que le Brésil, pays complexe et aux dimensions continentales, est plus grand que sa crise. Je crois vraiment que cette crise a son côté positif.

1. Leonardo Boff est un des seuls proches de Lula à être autorisé à lui rendre visite en prison.

2. 55,4 % de la population se déclarent noirs ou bruns de peau.

3. Villages composés de fugitifs noirs. Il y en a plus de mille au Brésil.

4. 1.173 de super riches, soit 0,05 % de la population qui contrôle 45 % de la richesse nationale.

On retrouve dans les élites brésiliennes de grands propriétaires terriens, des militaires, des lobbys pro-armement et les puissantes églises évangéliques.

5. Lava-Jato (lavage express) est une vaste opération menée depuis 2014 d’enquête sur une affaire de corruption et de blanchiment d’argent impliquant notamment la société pétrolière publique Petrobras.

6. À interpréter comme la loi pour préjudicier l’accusé.

7. Les gisements de pré-sel (champ de pétrole) se situent dans la croûte terrestre, sous des couches de sel, à environ 7.000 mètres de profondeur. On en trouve au large des côtes brésiliennes.

8. Environs 8 postes importants. Des cinq ministères qui composent l’équipe économique du gouvernement,quatre sont sous le commandement de l’armée, ce qui représente la plus grande représentation vert olive dans l’administration publique fédérale depuis la dictature (https://www. brasildefato.com.br/2019/01/17/ para-luiz-gonzaga-belluzzo-visao- dos-militares-que-estao-no-poder-e- antiquada/).

9. Voir à ce sujet, L. BOFF, Brasil: concluir a refundação ou prolongar a dependência, Éd. Vozes, 2018.

10. En plus de leur dimension pécifiquement religieuse, les communautés de base étaient des centres de prise de conscience, de résistance contre la dictature et de construction de la citoyenneté. L’articulation de ces communautés est l’un des points de départ de la fondation du Parti du Travail en 1980.

Si L’union européenne et la Chine rompent leurs relations avec le Brésil ou que ce dernier décide de se séparer de ces nations, une grande partie de nos entreprises exportatrices de viande et de soja pourraient faire faillite. De mon point de vue, l’alternative consiste à rompre avec nos dépendances historiques et à refonder la patrie sur d’autres bases et d’autres valeurs 9.

De quelle manière ?

J’identifie trois piliers, proprement brésiliens, qui pourraient soutenir un projet alternatif. Tout d’abord, celui de la nature. Le Brésil possède la plus grande biodiversité de la planète, la plus grande forêt tropicale du monde – l’Amazonie – 13 % des réserves mondiales d’eau douce, et une immense richesse en minerais et matériaux rares. Comme le dit Paul Krugman, prix Nobel d’économie, dans quelques années, toute l’économie passera par l’écologie. Les pays qui possèderont plus de biens et de services naturels (la bonté de la nature comme disent les Andins) auront un rôle décisif à jouer pour l’avenir de la vie et de la civilisation. Le deuxième pilier est le peuple brésilien lui-même, composé de représentants de 60 peuples différents qui vivent re- lativement sans préjugés raciaux et qui constituent un grand métissage (japonais, espagnol, allemand, italien, coréen, russe, ukrainien et autres). Ce peuple est très créatif, ouvert au dialogue et aux différences (malgré le traditionalisme des coutumes) et est ac- cueillant. Le troisième élément est la culture brésilienne, riche et diversifiée, de par l’extension du pays et les différents écosystèmes, que ce soit en musique, architecture, artisanat ou dans son carnaval la plus grande fête populaire du monde où se manifeste une incroyable créativité des populations des favelas dont sont issues les écoles de samba. J’estime que ces quelques éléments, qui peuvent être enrichis, ont la capacité de fonder un nouvel essai civilisationnel, important pour le processus mondial de globalisation, conférant légèreté, joie de vivre et aura mystico-religieuse (typique du peuple brésilien) opposé au processus actuel trop rigide et dont l’hégémonie est fondée sur la compétition et non sur la coopération.

Comme voyes-vous la “cordialité” brésilienne?

La cordialité, typique du peuple brésilien est très ambigue. Elle a montré le côté sombre de la «cordialité» brésilienne. Que derrière celle-ci peut aussi se cacher de l’hostilité et de la haine. En ce moment de grande colère et de haine dans la société, le côté pervers de la « cordialité » se manifeste. Elle est sortie du placard. Le fait est que ni les élites, ni le gouvernement de Jair Bolsonaro ne veulent un Brésil pour tous. Ils se sont simplement alignés sur Donald Trump, avec le risque que le Brésil ne perde ses relations avec la Chine, son plus grand partenaire commercial. Ni les élites, ni le gouvernement de Bolsonaro ne veulent un Brésil pour tous. Ils se sont simplement alignés sur Donald Trump.

De votre point de vue de théologien, comment peut-on comprendre les évolutions
des dynamiques théologiques catholique et évangélique ?

L’Église catholique brésilienne a perdu ses grands prophètes qui dénonçaient la violation des droits de l’homme et l’oppression des marginalisés. La plupart des évêques ont été nommés par le Pape Jean-Paul II et Benoît XVI ouvertement conserva- teurs, plus endoctrinés que pasteurs. La plupart des évêques brésiliens ont peu de choses à dire sur la situation sociale brésilienne. Au contraire, l’affaiblis- sement de l’Église catholique a ouvert la voie aux Églises pentecôtistes et néo-pentecôtistes. Celles-ci rassemblent des milliers de fidèles, pour la plupart pauvres et nécessiteux. Il leur prêche l’évangile de la prospérité et non de la bienveillance. On n’y parle jamais de justice sociale et de transformation de la société. Ce sont des usines pour l’enrichissement de leurs bergers, de vrais loups, trompant les fidèles par des promesses et des miracles préconstruits. Le plus grand groupe néo-pentecôtiste, l’Église universelle du Royaume de Dieu, à la tête de laquelle se trouve l’évêque Macedo, a joué un rôle déterminant dans la victoire de M. Bolsonaro. Cette Église est devenue le centre de millions de fausses nouvelles, sans au- cun sens éthique ou religieux.

Et qu’en est-il de l’Église du peuple
et de ses communautés de base 10 ?

Nous devons différencier l’Église catholique comme grande institution qui, à mon sens est dans une crise grave, de l’Église du peuple. Il y a près de cent mille communautés de base ici; plus d’un million de cercles bibliques qui lisent la Bible et en tirent des conclusions en termes de militance et d’engagement pour la justice sociale. Il y a le mouvement national Foi et Politique, national et régional, qui rassemble des laïcs qui voient dans l’Évangile une source d’inspiration pour une politique éthique et libéra- trice et voient dans la politique un lieu privilégié pour réaliser les biens du Royaume de Dieu que sont solidarité, justice sociale et esprit communautaire. En outre, il existe des mouvements de Sans-Terre et de Sans-Toit, fortement influencés par la théologie

Démocratie n° 2 • Février 2019 • 15

Réflexion d’un vieux théologien et penseur 1

L’importance de la dimension utopique

Dans un contexte de délabrement politique au Brésil, et ont produit un océan de pauvreté, d’injustice sociale et avant de parler d’espérance, il faut retrouver la dimendion de souffrances évitables en lieu et place de bénéfices pour tous. L’utopie ne s’oppose pas à la réalité, mais elle lui appartient, parce que celle-ci n’est pas seulement faite de ce qui est fait et donné, de ce qui y est palpable. Mais elle est également faite de ce qui peut encore être fait et donné, donc de ce qui est potentiel et faisable, de ce qui n’est pas encore visible. L’utopie naît de ces tréfonds de po- tentialités présentes dans l’histoire, dans chaque peuple et dans chaque personne. Le philosophe allemand Ernst Bloch a introduit l’expression principe-espérance. Celui-ci est plus que la vertu de l’espérance, il apparaît comme une source génératrice de rêves et d’actions. Le principe de l’espé- rance représente le potentiel inépuisable de l’existence et de l’histoire humaine qui nous permet de dire non à toute réalité concrète, aux limites de notre condition humaine, aux modèles politiques et aux barrières qui limitent la vie, la connaissance, la volonté et l’amour. Et dire oui à des formes nouvelles ou alternatives d’organisation sociale ou de formation de tout projet.

Les utopies maximalistes et les utopies minimalistes

Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que les grandes utopies, les utopies maximalistes, celles des Lumières (alphabétisation de tous), du socialisme (faire prévaloir le nous sur le moi) et aussi du capitalisme (le moi sur le nous) sont entrés dans une crise profonde. Elles n’ont jamais réalisé ce qu’elles avaient promis : tout le monde ne participe pas à la culture alphabétisée, la majorité ne voit pas la distribution équitable et juste des biens et la richesse n’est le fait que de petits groupes et non de la majorité. De plus, toutes ces uto- pies ont dégradé la Maison commune par la surexploitation de tous.

Nous sommes donc obligés de nous tourner vers des utopies minimalistes, celles qui, ne pouvant pas changer le monde, mais qui peuvent cependant l’améliorer : recevoir un salaire qui réponde aux besoins de la famille, avoir ac- cès aux soins de santé, envoyer les enfants à l’école, obtenir des transports publics qui ne font pas perdre tant de temps, avoir des services de santé de base, avoir des lieux de loisirs et culturels, et avoir une pension suffisante pour affronter les maladies du troisième âge.

La réalisation de ces utopies minimalistes crée la base des utopies supérieures: aspirer à ce que la nation sur- monte les relations de haine et d’exclusion, à ce que les peuples embrassent la fraternité, à ce qu’ils ne fassent pas la guerre, à ce que tous s’unissent pour préserver cette pe- tite et belle planète Terre, sans laquelle aucune autre utopie ne serait possible.

Restaurer la force politique de l’espoir

Nous devons renverser la vapeur, ne pas considérer la situa- tion actuelle comme une tragédie sans espoir, mais comme une crise fondamentale qui nous force à résister, à tirer les leçons des contradictions et à sortir plus mûrs, plus expé- rimentés et plus sûrs pour ouvrir une nouvelle voie, plus juste, démocratique, populaire et inclusive pour le Brésil. #

1. Extrait de Reflexões de um velho teólogo e pensador, https://leonardoboff.wordpress. com/2018/12/03/esperanca-indignacao-e-coragem/

de la libération, dont les dirigeants viennent pour la plupart des cadres de l’Église de base. A ce niveau fondamental, l’Église est vivante, elle élabore sa li- turgie, sa propre théologie et une interprétation in- novante de la Bible. Ici est vivante la vraie théologie de la libération dans laquelle les théologiens entrent par la porte de derrière et ne sont que des compa- gnons des autres, sur le chemin de la libération.

Quelle est la plus grande réussite politique
de la théologie de libération ?

Ce que Lula dit et répète toujours, c’est qu’elle est la force principale qui a constitué le PT, le parti des travailleurs. Sans l’Église de la libération, les mou- vements sociaux chrétiens, le PT n’aurait jamais surgi comme le plus grand parti de masse de notre histoire. C’est l’une des raisons pour lesquelles les élites traditionnelles sont contre le PT, parce c’est un parti qui vient d’en bas, des pauvres, des noirs, de ceux qu’ils méprisent et humilient et qui s’élèventdans la société et questionnent leur projet d’exclu- sion et de privilèges.

Lula a laissé un mouvement ouvrier autonome et vigoureux. Il est celui qui résiste le plus aux me- sures anti-populaires, mesures qui nient les droits conquis par les travailleurs, et aux restrictions des politiques à destinations des populations pauvres. J’espère que le Brésil, la plus grande nation latine et dans l’Atlantique Sud, jouera, pour les raisons évoquées précédemment, un rôle important dans la formation d’un type d’humanité, enfin unifiée dans la même Maison commune, dans le cadre d’une vé- ritable démocratie écologique et sociale, intégrant tous les peuples avec leurs spécificités, mais préser- vant et prenant soin de la seule planète qui nous fait vivre. #

Leonardo Boff est un théologien brésilien, écologiste et écriteur

Propos recueillis par Stéphanie Baudot et Thomas Miessen.

https://www.autresbresils.net/

Por que os generais temem o Sínodo Pan-Amazônico: Marcelo Barros

Marcelo Barros é um monge beneditino que foi assessor de Dom Helder, grande conhecedor da Bíblia (exegeta), assessor do MST e um dos conferencistas mais solicitados no Brasil e nos exterior. Aborda de forma original a espiritualidade ligada à lutas populares. É autor de vários livros sobre temas da atualidade, sempre na perspectiva espiritual e da libertação dos oprimidos. Publicamos este material sobre o Sínodo Pan-Amazônico,pelo interesse nacional e mundial que está provocando e pondo em alerta ( por causa de certos preconceitos) dos militares que já puseram em ação os órgãos de informação para vigiarem os bispos e aqueles que se ocupam da problemática amazônica. Esquecem estes militares que a Amazônia não é só brasileira mas cobre parte de 8 países latino-americanos sobre os quais eles não têm jurisdição. Lboff

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O governo brasileiro manifesta preocupações e contrariedades em relação ao próximo Sínodo dos Bispos em Roma sobre a região panamazônica. (Cf. IHU, 10/ 02// 2019). Em artigo esclarecedor e contundente, Roberto Malvezzi, publicado nesse blog, explica o que é um Sínodo (caminhar juntos) e como a Rede Eclesial Pan-amazônica (REPAM), em diálogo com o Vaticano e com os bispos locais dos oito países da região pan-amazônica tem preparado o Sínodo.
De fato, desde que, depois do Concílio Vaticano II, o papa Paulo VI restabeleceu a tradição do Sínodo dos Bispos, vinda do primeiro milênio e a atualizou para a Igreja Católica do século XX, já tivemos mais de 35 sessões do Sínodo. Nessa perspectiva, é importante saber o que se pode esperar do Sínodo sobre a Amazônia.

Não é de forma alguma a primeira vez que, nessas últimas décadas, a Igreja Católica, em Roma, realiza um sínodo sobre uma região particular do mundo. Já tivemos duas assembleias extraordinárias do Sínodo sobre a África (1994 e 2009). Na preparação do Jubileu do ano 2000, o papa João Paulo II convocou e organizou assembleias especiais sobre a Europa (1999), assim como assembleias para a Oceania (1997), Ásia (1998) e América (1997). Além disso, houve uma assembleia extraordinária do Sínodo dos Bispos sobre o Oriente Médio (2010). Assim, além das 25 assembleias ordinárias do Sínodo que aconteceram desde 1969, dez foram extraordinárias e delas, várias sobre regiões específicas.

É possível que o Sínodo da Amazônia traga algumas novidades. Em geral, nas assembleias anteriores aqui citadas, os bispos sempre procuraram se situar na realidade do continente ou da região que é o tema do Sínodo. No entanto, o tema central e o foco de tudo tem sido a Igreja e sua missão. Assim, as exortações pos-sinodais dos papas em geral têm como título: A Igreja na África, a Igreja na Ásia, a Igreja na Oceania, etc… E por causa da herança ou subsistência do que se poderia chamar de “eclesiologia de Cristandade” , (isso é, uma Igreja que se olha como anterior e independente da realidade, com uma missão que vem de fora e entra mais como do alto para baixo), a impressão é que, em geral, a análise da realidade é sempre mais genérica do que contextual, feita em linguagem cuidadosa que diz as coisas sem dizer exatamente (diplomacia necessária a uma Igreja que se coloca a partir de uma posição de poder e de mando).
Dessa vez, o Sínodo tem como tema “A Amazônia, novos caminhos para a Igreja e para uma ecologia integral”.

Há uma mudança no enfoque – o tema é a realidade e dessa realidade se reflete sobre a missão da Igreja e se busca reconstruir uma Ecologia integral. E há ao menos uma tentativa de que a Igreja (bispos, clero e povo) se coloque como serviço e a partir de baixo e não de cima. Isso significa, parta da comunhão com os mais pobres, escute o grito da Terra e dos povos da Amazônia, ameaçados em sua vida e oprimidos pela tragédia que é o agronegócio, as madeireiras e as mineradoras, assim como as formas depredadoras do Capitalismo nas cidades amazonenses e suas periferias.

Nessa visão, a Ecologia Integral não é um tema a parte ou além da missão da Igreja. Se bem compreendida, a Ecologia integral é a própria missão de uma Igreja servidora da libertação da humanidade, da mãe Terra e de cada pessoa em sua integralidade, como já, em 1968, afirmava a Conferência dos bispos latino-americanos em Medellín (Med 5, 15).
Se essa perspectiva ou mudança de ângulo de abordagem for realmente respeitada e desenvolvida, o governo brasileiro pode ter razões de se preocupar. E, embora somente no Brasil essa preocupação tenha sido explicitada, provavelmente outros governos dos países da região devem ter as mesmas preocupações.

Isso significa apenas que eles têm consciência clara de que as políticas que impõem à região panamazônica vão no sentido contrário à perspectiva de uma Ecologia integral, como o papa Francisco desenvolve na encíclica Laudatum sii e como as discussões preparatórias a esse Sínodo, vindas das consultas às bases dos diversos povos e grupos da Amazônia, propõem.

É claro que Bolsonaro e seus ministros não precisam se preocupar se a orientação espiritual do Sínodo fosse na perspectiva que fez com que, em 2018, não poucos bispos, padres e movimentos católicos votassem na extrema-direita. No entanto, a perspectiva não é essa. É de uma Igreja em saída no qual o Sínodo dos Bispos tem sido preparado por ampla consulta de todos os setores e categorias da Amazônia e lá em Roma com os bispos estarão índios, ribeirinhos, missionários populares e mulheres da Amazônia, de tal forma que o Sínodo dos Bispos possa se ampliar cada vez mais como Sínodo de todos os organismos vivos do Povo de Deus.

Na tradição litúrgica católica, na festa da Epifania, o ofício de vésperas contém um hino antigo no qual se canta: “Hostis Herodes impie, Christum venire quid times? Non eripit mortalia, qui regna dat caelestia”. (Na atual Liturgia das Horas está traduzido assim: “Por que, Herodes, temes, chegar o rei que é Deus? Não rouba aos reis da terra, quem reinos dá nos céus”). Provavelmente, quem compôs esse hino não lia muito o cântico de Maria (o Magnificat) ou o cantava pulando os verso que diz: “Derruba os poderosos de seus tronos e eleva os humildes”.

O quarto evangelho conta que o sumo-sacerdote Caifaz, inimigo de Jesus, profetizou que ele, Jesus, deveria morrer não só pelo povo, mas para reunir na unidade os filhos e filhas de Deus dispersos pelo mundo” (Jo 11, 52). Quem sabe, hoje, os Caifazes atuais, que se chamem com outros nomes e tenham patentes militares e estão no governo brasileiro estejam profetizando que esse Sínodo retomará o espírito de Medellín e provocará uma virada da nossa Igreja e de outras Igrejas no caminho do serviço libertador da mãe Terra e dos povos da Amazônia?

Do irmão Marcelo Barros

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Cenários sócio-políticos para 2019

 

Pedro A. Ribeiro de Oliveira já e conhecido nesse blog. Trata-se de um sociólogo muito reconhecido no meio acadêmico mas principalmente nos grupos de base seja da Igreja seja da sociedade. É o principal animador dos Encontros das Comunidades Eclesiais de Base, das quais é um dos melhores conhecedores. Ademais é o principal animador do Movimento Fé e Política. Acaba de publicar um livro precioso em termos de sua trejetória intelectual e especialmente na parte final dedicada à análise cuidadosa do jogo de poderes que se estão dando nas estruturas fundamentais de nossa realidade nacional. Publicamos aqui um estudo dele que tem um título desprentensioso: Política Conjuntural: uma previsão para 2019. É muito mais do que o título diz. Trata-se de analisar os vários cenários possíveis que se apresentam aos nossos olhos, mostrando cada vez as relativas correlações de força e as chances para que a nossa democracia se reafirme e mesmo seja resgatada. Quando fala de classes, não caiamos logo no preconceito ora reinante na linguagem da inventada “cultura marxista”. Apenas aponta ao fato de que há forças sociais com interesses não só diferentes, mas até antagônicos. Isso são realidades concretas que se revelam a todo o momento. Todas as sociedades se compõem por estas forças. O gênio da democracia é fazer com que todas elas possam conviver pacificamente, se enfrentarem, sem logo se demonizarem, ao contrário,dando a regência à razão e ao diálogo e assim permitindo que a sociedade ganhe dinamismo. Atualmente a sociedade brasileira está esgarçada e o tecido social rasgado de cima abaixo. Há muito sentimento pequeno, feito de ódio, raivas e falsas notícias e parquíssima racionalidade, intentos de diálogo e de compreensão.  Quase todos estamos confusos acerca dos rumos de nosso país. Este trabalho de Pedro Ribeiro de Oliveira nos ajuda a buscarmos luzes e a definirmos um caminho esperançador. Cabe-nos não permitir que  a situação obscura não termine numa tragédia mas numa crise, que nos acrisola, nos purifica e nos faz crescer rumo a uma situação mais integradora de todos e para todos. Lboff

Nota prévia

Trago uma visão estrutural dos acontecimentos porque assim se coloca em evidência a lógica do processo histórico em que esses acontecimentos estão inseridos. É claro que toda previsão vem carregada de incertezas, mas acredito que uma previsão assentada em análise estrutural é mais confiável do que aquela que se fia apenas em informações desconectadas entre si.

Distingo três planos estruturais: o sistema de vida da Terra, o sistema-mundo com seu modo de produção e consumo capitalista, e o sistema – social, político, cultural e econômico – que chamamos Brasil. É claro que nos interessa especificamente o último sistema, mas não podemos esquecer que ele está subordinadamente integrado nos dois outros. Por isso, farei breve menção das mudanças conjunturais em cada um deles. Na conclusão indico algumas implicações práticas para quem se identifica com as lutas das classes trabalhadoras, dos povos originários e dos grupos socialmente discriminados.

  1. O sistema de vida Terra

Tornaram-se frequentes os sinais de mudanças estruturais no sistema Terra. Ano passado, ao abrir a reunião da COP-24, em Katowice, Polônia, disse o secretário-geral da ONU: “Estamos em apuros. Estamos em grandes apuros com as mudanças climáticas”. Sua visão global, como a do Papa, lhe permite avaliar o que seja uma catástrofe climático-ambiental. E sabe que ela poderá acontecer ainda antes de 2050, se não forem tomadas as medidas recomendadas pela comunidade científica internacional – medidas que as megacorporações não aceitam porque prejudicam seus lucros (como vimos agora em Brumadinho). A situação se agrava porque os Estados nacionais dão mais importância ao crescimento da economia do que ao equilíbrio ecológico. O caso dos atuais presidentes dos EUA e do Brasil é emblemático, mas muitos outros governantes também se curvam diante das imposições das forças econômicas que dominam o mercado capitalista.

Ainda não nos habituamos a entender a questão ambiental como uma questão política, e isso reduz muito nosso campo de visão. É preciso ampliar nossas categorias de pensamento para deixar de considerar a Terra como coisa e perceber nosso Planeta e comunidade de vida como sujeito histórico e detentor de Direitos próprios. Entender que a Terra está sofrendo e que esse sofrimento atinge também a espécie humana. Tudo se passa como se a espécie homo sapiens esteja a pressentir sua extinção e por isso dá vazão a comportamentos irracionais como o ódio aos semelhantes, a voracidade do consumo, o livre trânsito da pós-verdade, o refúgio no mundo virtual e outras práticas que destroem a própria comunidade humana. Mas esse mesmo pressentimento tem seu lado positivo: favorece a tomada de consciência de ser a Terra sujeito de direitos e ser vivo do qual a espécie humana faz parte. Essa consciência se expressou na Carta da Terra, elaborada por um grupo que falava em nome dos Povos da Terra e que foi publicada em 2000. Essa consciência de sermos Terra “que pensa, dança, ama e venera”, como diz L. Boff, nos ajuda a recuperar concepções ancestrais como o Sumak Kawsay (Bem-Viver) e a descortinar novos horizontes de uma sociedade planetária. Esses dois tipos de atitude frente ao pressentimento da catástrofe estão presentes na atualidade e não podem ser ignorados, embora não sejam perceptíveis ao senso-comum nem se tornem notícias de impacto na vida cotidiana.

Cruel para a Terra e para os pobres, é que as forças de destruição são mais potentes do que as forças de construção: é muito mais fácil e rápido destruir o que existe, do que construir algo novo. Esta é a realidade de 2019.

Atenção: Essa realidade de âmbito planetário deve ser tomada a sério porque ainda é possível ao menos amenizar a catástrofe ambiental que se anuncia. No mínimo, ela precisa ser vista como um obstáculo intransponível ao crescimento econômico de médio e longo prazo, como o projeto chinês da nova rota da seda, que prevê investimentos estimados em US$5 trilhões em 30 anos. Por isso, falar do assunto pode ser incômodo, mas é tarefa de toda pessoa que toma consciência dessa catástrofe que se aproxima.

  1. O sistema-mundo do capitalismo

Seu polo dinâmico está passando dos EUA para a China (ou Chíndia?) e essa transição é marcada pela (1) financeirização do capital e (2) clima de guerra. A crise de 2008 ainda não terminou e a situação econômica mundial continuará conturbada enquanto o dólar US for a moeda das transações internacionais. Esse conflito econômico entre as potências emergentes e as potências decadentes já é uma guerra, hoje chamada de “4ª geração” porque nela a informação e a informática se tornaram armas que permitem dominar um povo ou um país sem usar armas de fogo. Guerra hoje se dá em terra, mar, ar, espaço sideral e espaço cibernético.

Atualmente temos, além de dezenas de guerras localizadas – étnicas, religiosas, antidrogas, contra o terrorismo, ou guerras civis – o risco de guerra entre grandes potências. Se for nuclear, dificilmente terá sobreviventes, mas se não for, a China provavelmente será vencedora e modelará outra forma de capitalismo – baseado na economia verde – e conquistará a hegemonia mundial no século 21. Nesse contexto, o Brasil do novo governo se alinha subservientemente com o provável perdedor (EUA).

Atenção: Essa inserção do Brasil como parceiro subalterno dos EUA decorre da crise de 2008, que levou os grandes grupos financeiros e petroleiros dos EUA a convencer a classe dominante brasileira a abandonar o projeto nacional-desenvolvimentista dos governos Lula e Dilma. Ela é determinante na explicação do golpe de 2016 e na conquista da presidência da República, governos estaduais, Senado e Câmara de deputados por pessoas politicamente inexpressivas. Por sua posição geopolítica e econômica (controle do Atlântico Sul, reserva de petróleo, água e minérios), o Brasil é um país chave na América do Sul, onde só Bolívia e Venezuela não se dobraram aos interesses das grandes empresas e do governo estadunidenses.

  1. O sistema Brasil

O resultado das eleições deixou evidente a mudança na correlação de forças entre as classes sociais. A classe dominante (composta por cerca de 40 mil famílias que se beneficiam da financeirização do capital, além de controlar o processo produtivo) aproveitou-se do descontentamento popular manifestado em 2013 para romper o pacto de não-agressão proposto pelo PT de Lula em 2002 (renúncia às Reformas estruturantes – agrária, fiscal, urbana e política – e à auditoria da dívida pública). Desde então ela recorre à agressividade para eliminar – ou ao menos afastar do campo político – os grupos por meio dos quais as classes trabalhadoras e setores subalternos se expressam ou se organizam (como o PT, o PSOL e outros Partidos de oposição, Movimentos como MST, MTST, Indígenas, negros, mulheres, LGBT e outros), ou que as apoiam (como setores de Igrejas, universidades, intelectualidade etc). Talvez caiba o rótulo de fascista a essa proposta por não ceder espaço à luta de classes dentro da institucionalidade democrática, e sim visar a eliminação das classes trabalhadoras enquanto atores da política nacional.

Atenção: Essa mudança da conjuntura tem forte incidência estrutural porque afeta diretamente a correlação de forças da luta de classes. A classe dominante – com seus distintos setores (financeiro, agronegócio, minerador, industrial, comercial) – optou por submeter-se às grandes corporações transnacionais, rompendo o pacto social que garantia o projeto nacional-desenvolvimentista dos governos do PT. Pelo menos temporariamente, a classe dominante conseguiu a adesão das classes médias e os votos da massa popular. Para isso conta com a habitual colaboração da mídia e o apoio das Igrejas neopentecostais e de setores conservadores das Igrejas Evangélicas e Católica. Embora seu ideário político-social dependa de pensadores do quilate de Olavo Carvalho, isso parece bastar para conquistar a adesão da grande massa de insatisfeitos com o sistema atual, que atiça o desejo de consumo mas não o satisfaz. O recente escândalo de lavagem de dinheiro do filho do presidente, ignorado pelo ministro da Justiça mas denunciado pela mídia tradicional, e a lama de Brumadinho levando vidas mas dando lucro à Vale, talvez marquem o início da perda de respaldo popular ao governo antes mesmo de completar seus 100 dias de tranquilidade.

Atenção: Estamos diante de uma derrota das classes trabalhadoras. Em três anos de luta suas forças foram exauridas, tentando sem êxito apagar os incêndios. Um aglomerado de forças econômicas, políticas, ideológicas, no Brasil e no Exterior (EUA), que tem em Steve Bannon sua figura mais visível, usa os métodos da guerra de 4ª geração para demolir os Direitos assegurados pela Constituição de 1988 e com isso desestabilizar as instituições democráticas do Brasil. Isso enche de indignação qualquer pessoa sensível aos direitos humanos e da Terra. Mas a indignação precisa ser trabalhada para não descambar para a sensação de impotência diante da força das empresas que, guiadas pela busca do lucro, encontram defensores em todas as esferas do poder da república e da sociedade, aí incluídas as igrejas, a mídia e outras agências formadoras de opinião. Como canalizar nossa indignação para uma ação eficaz em defesa dos Direitos Humanos e da Terra?

Se é verdade que as classes trabalhadoras foram derrotadas, também é verdade que elas estão vivas. (1) No campo político, contam com uma bancada relativamente forte na Câmara (um arco de alianças será suficiente para evitar aprovação de PECs), alguns senadores e governos estaduais. (2) No campo social, os Movimentos Sociais organizados, os Povos Indígenas e muitos sindicatos dão mostras de resiliência. (3) No campo do pensamento, a maior parte da população universitária resiste à proposta fascista; as CEBs e Pastorais sociais, bem como um número crescente de bispos católicos e pastores, embora minoritários, não deixam morrer o Cristianismo da Libertação; os e as artistas animam a resistência popular, e seria possível elencar ainda outras forças. (4) No campo econômico as pequenas unidades de economia solidária e cooperativas populares sobrevivem, mesmo à margem da economia formal. A partir dessas forças pode-se pensar um novo processo de construção de “um outro mundo possível” que não seja a repetição do que foi feito nos últimos 70 anos (o projeto nacional-desenvolvimentista inaugurado por Getúlio Vargas).

Atenção: com isso quero dizer que o ano de 2019 inaugura um processo inteiramente novo, que deverá aprender do passado (crítica e autocrítica do processo histórico) para superá-lo. Aqui situa-se meu livro “Fé e Política, uma trajetória”. Como diz Fr. Betto, o livro “percorre a segunda metade do século XX no que teve de melhor: a utopia de que é possível um mundo pós-capitalista, menos desigual e mais livre.” Hoje posso dizer: é possível, sim, mas não da forma como nossa geração buscou, porque fomos derrotados. Há que se encontrar outra forma de pensar e agir, porque esta deu errado. Esta é tarefa da nova geração, que encontrará novas formas de pensar e de agir. E diante dela, minha geração deverá conformar-se em ser ator coadjuvante (importante, sim, mas não protagonista).

Digo isso e penso em muitas pessoas da nova geração, aqui destacando uma delas: Jovanir Polesi, a quem agradeço de coração o trabalho de revisão do livro, tendo sugerido importantes mudanças para sua segunda redação e depois assumido a dura tarefa da edição e produção gráfica, com a valiosa colaboração do Braz, diretor da Gráfica Quatro Irmãos e companheiro de caminhada nas CEBs.

Conclusão: implicações práticas.

  1. Há um problema estratégico. Hoje chegam inúmeros apelos à resistência: resistir à prisão do Lula, aos ataques a Territórios indígenas e quilombolas e assentamentos de trabalhadores rurais, à política de privatizações, à reforma de previdência, à redução da maioridade penal, ao desmatamento da Amazônia e do Cerrado, à escola sem partido, aos ataques a defensores e defensoras dos Direitos Humanos, à comunidade LGBT e tantas outras agressões aos Direitos de Cidadania. Contudo não é possível atuar em todas frentes de combate a que somos convocados e é com tristeza que nos vemos levados a abandonar companheiros nas mãos dos inimigos. A sabedoria reside em lidar com tantas frentes, reunir forças e fazer um trabalho bem articulado e formativo. Essa sabedoria é importantíssima nos dias de hoje. Para isso, há que restaurar as forças.
  2. Restaurar as forças é fundamental. É preciso buscar refúgio onde se possa trocar ideias, rever serenamente os próprios erros e acertos sem acusar terceiros. Esse retiro não é perda de tempo. É fazer um recuo estratégico, onde seja possível fazer o processo de formação política e tecer novos laços de solidariedade. Embora esse recuo possa deixar espaço para o avanço das hordas adversárias, suas desavenças internas (que já são evidentes) tendem a desgasta-las em pouco tempo. Assim, ao voltar à luta seremos muito mais fortes do que hoje (e elas mais fracas).

É claro que há demandas tão graves ou urgentes que nos obrigam a sair do retiro e retornar ao confronto direto. Mas nesse caso o lado mais fraco só tem chance de vitória se estiver na defensiva. Sabe-se que as forças de quem se defende se multiplicam por dez, desde que sua defesa seja sólida e não se aventure à luta em campo aberto. Talvez seja o caso da reforma da Previdência, a proteção a defensores dos Direitos Humanos e a preservação da Amazônia (que tem forte apoio internacional).

  1. Voltar às bases é dedicar-se ao trabalho direto, pessoal, para fazer conscientização e organização. Bases são os grupos de solidariedade pessoal (família, vizinhança, igreja, de amizade, de trabalho, associação por afinidade e outros) onde as relações pessoais se revestem de laços afetivos (base não significa grupos populares). Voltar a atenção, agora, para aquele/s grupo/s onde se é bem recebido ou recebida, sempre dando prioridade aos grupos formados por gente pobre, vulnerável ou jovem. Trata-se de ir a essas bases para retomar o trabalho de educação política, isto é, de conscientização e de organização, sabendo que ele exige capacitação e que leva tempo.
  2. Exercer (ou reconquistar) a hegemonia intelectual e cultural é a missão dos e das intelectuais vinculadas/os às classes trabalhadoras. Essa missão foi bem desempenhada ao longo do século 20, quando os valores democráticos, igualitários e libertários se difundiram pelo mundo, deixando envergonhadas as pessoas que dele divergiam (tradicionalistas, racistas etc). A vitória do capitalismo na guerra fria, porém, favoreceu o pensamento de direita, que propõe a desigualdade como fator de progresso, e vê nas elites e na desigualdade um fato natural.

Esse pensamento de direita conquistou espaço na sociedade com importante contribuição das religiões cristãs de vertente fundamentalista (incluída a católico-romana). Em sua versão vulgar ele traz o criacionismo, justifica o racismo e o patriarcado e outros sistemas de exclusão; em sua versão erudita ele justifica a liberdade individual como fundamento da lei natural que não pode ser mudada pelo Estado. Ele separa corpo e alma e se volta unicamente pela salvação desta (por meio de rituais), deixando as realidades materiais sob o domínio do mercado. Esse pensamento se difunde como defesa da família, da vida e dos valores tradicionais ameaçados pelo marxismo cultural que é apontado como o grande inimigo da civilização ocidental cristã: não tendo conseguido derrota-la pela economia (fim do socialismo soviético), quer derrota-la destruindo as bases morais da família.

Embora esse pensamento tenha uma argumentação rasa e mal fundamentada, ganha adeptos recorrendo às emoções: medo do diferente, medo da liberdade feminina, busca de segurança no passado idealizado, orgulho de ser pobre mas honrado etc. Após sua aparente derrota para a modernidade, ele volta à tona de forma agressiva atacando quem defende um pensamento libertador ou libertário. Contra ele quatro medidas são recomendadas: (1) não repassar as mensagens que falam de seus avanços e abusos, porque só visam intimidar, (2) não se curvar diante das intimidações e ameaças, mas seguir em frente, (3) sempre que possível rebater os argumentos e esclarecer as ideias, mas ignorar os ataques pessoais, e (4) apontar as trapalhadas cometidas por quem está no governo, para minar seu apoio na sociedade, mas evitar sempre o “eu não disse?” ou o “eu já sabia…”.

Vitória, 8/ fev. 2019

Pedro Ribeiro de Oliveira é leigo católico, nascido em 1943, doutor em sociologia, foi professor nos Programas de Pós-Graduação em Ciência/s da Religião da Universidade Federal de Juiz de Fora e da PUC-Minas. É membro de Iser-Assessoria e da Coordenação do Movimento Nacional Fé e Política. Publicou o livro Fé e Política: uma trajetória, Quatro Irmãos, Juiz de Fora, 2018.

 

¿Qué quedó después de no quedar nada?

Muchos en nuestro país vivimos una situación de luto. Se impone el luto cuando sufrimos pérdidas: muchos muertos y cientos de desaparecidos por la rotura de la presa de la Vale que destruyó criminalmente la ciudad de Brumadinho. La pérdida de la persona amada, del empleo que garantiza la familia, la emigración forzada a causa de amenazas de muerte. El luto es mayor cuando alcanza bienes fundamentales de un país: la pérdida de la democracia, de los derechos laborales garantizados hace muchos años, la disminución de las pensiones de los ancianos, los recortes de las políticas públicas para pobres y miserables, la privatización de los commons, bienes fundamentales para la soberanía del país.

Pero el gran luto es tener que aceptar a un presidente que ha reforzado la cultura del odio, que desconoce las cuestiones nacionales, que nos ha avergonzado en Davos, donde los dueños del dinero del mundo se reúnen para garantizar sus intereses. Su discurso, que podría haber sido de 45 minutos, duró escasos seis, pues eso era todo lo poco que tenía que decir. Canceló las entrevistas para ocultar su ignorancia y las acusaciones graves que pesan sobre un miembro de su familia.

Es un gran desafío para todos elaborar las pérdidas y alimentar la resiliencia, que significa saber dar la vuelta por encima y aprender de la situación de luto.

Son varios los pasos a dar en este camino.

El primer paso es la indignación que se expresa mediante la sorpresa: es criminal la ruptura de la presa de la Vale. ¿El país merecía tal gobierno? Descubrimos que la vida comporta tragedias que hacen sufrir especialmente a los pobres. Y no raramente nos culpamos por no haber tenido cuidado y haberlas percibido antes.

El segundo paso es el rechazo sufrido: ¿cómo fue posible llegar a este punto con la Vale? ¿Elegir a un presidente con muy pocas luces y con algunas características propias del fascismo? ¿Dónde nos equivocamos? Inicialmente tendemos a rechazar el hecho. Pero él está ahí, grosero y tosco.

El tercer paso es la depresión psicológica asociada a la recesión económica. Hemos llegado al fondo del pozo. La economía es para el mercado que se beneficia de la crisis mientras lanza a millones de personas a la pobreza. Estamos poseídos por un vacío existencial y desinterés por las cosas de la vida. ¿Quién consolará a los familiares de las víctimas de Brumadinho? ¿Quién les reforzará la esperanza de que las promesas de reconstrucción van a ser cumplidas?

El cuarto paso es el autofortalecimiento. Hacemos una especie de negociación con la frustración y la depresión. Estas cosas siniestras pertenecen a la vida con sus contradicciones. No nos podemos hundir ni perder nuestros proyectos y sueños. Necesitamos volver a levantar las casas de Brumadinho. Vale, empresa privada que piensa más en las ganancias que en las personas, tiene que sacar duras lecciones para evitar nuevos crímenes ambientales. El luto debe generar presiones por parte del pueblo y nuevas iniciativas. Podemos salir más fuertes del luto.

El quinto paso es la aceptación dolorosa del hecho ineludible. El luto debe pasar de delante de los ojos a detrás de la cabeza, a pesar de las imágenes imborrables del crimen. Nadie sale del luto como entró. Madura a duras penas y experimenta que, en el caso del nuevo gobierno brasileño de derechas, no toda la pérdida es total: trae siempre una ganancia social y política.

Todo luto requiere una travesía paciente. Parece que nuestras estrellas guía se han apagado, pero el cielo continúa iluminando nuestras noches oscuras. Las nubes pueden tapar al Cristo Redentor del Corcovado, pero él sigue allí. Incluso sin verlo, creemos en su presencia. Bolsonaro también pasará. Cristo, no. Enjugará las lágrimas de los familiares que sufren.

Con respecto a nuestra situación política, hay que reconocer que nuestro árbol fue mutilado: cortaron la copa, arrancaron las hojas, destruyeron las flores y los frutos, abatieron su tronco y arrancaron las raíces. ¿Qué quedó después de no quedar nada? Quedó la vida. Y más que todo quedó  lo esencial que el luto inducido no puede destruir: quedó la semilla. En ella están en potencia las raíces, el tronco, las hojas, las flores, los frutos y la copa frondosa.

Todo puede volver a comenzar. Recomenzaremos más seguros por más experimentados, más experimentados por más sufridos, más sufridos por más dispuestos para un nuevo sueño. El luto pasará. Será tiempo de rehacer un Brasil más cordial, solidario, justo y hospitalario.

Leonardo Boff es teólogo, filósofo y ha escrito Brasil:¿concluir a refundación o prolongar la dependencia? Vozes 2018.

Traducción de Mª José Gavito Milano