CRISE CLIMATIQUE ET ALIÉNATION

                                  Michel Löwy

Michel Löwy é um pensador, sociólogo, franco-brasileiro, professor na Sorbonne e autor de inúmeros livros de linha marxiana e um dos melhores conhecedores da teologia da libertação sobre a qual escreveu vários livros. É um dos fundadores do ecosocialismo e preocupado com o alarme ecológico que, a seguir a lógica do sistema de produção depredador e desenfreado, pode tornar a Terra inabitável. É este sistema que já dura cercaq de 300 anos e implantado no mundo inteiro e sem qualquer compaixão para com a vida terrestre natural e humana, o causador principal da atual crise sisrêmica. Se não cuidarmos ela poderá ser fatal. Transcrevemos este artigo por ser didático e esclarecedor do atual drama climático e ecológico da Terra. LBoff

Nous sommes tous des passagers d’un nouveau Titanic. Toutefois, contrairement à celui de 1912, les officiers et la plupart des passagers de ce superbe transatlantique sont au courant. Ils savent que si le nouveau Titanic continue son cours actuel, il va immanquablement heurter un iceberg et couler. L’iceberg s’appelle «Changement climatique ».

Certains des officiers ont posé la question d’un changement de cours. «Trop cher» leur a-t-on répondu: il faudrait indemniser les passagers, etc., bref, de grosses dépenses. On a cependant pris la résolution de réduire l’allure, mais elle n’a guère été appliquée. Pendant ce temps, dans la luxueuse Classe affaires, l’orchestre joue et les passagers dansent. En Classe économique les gens suivent avec passion, à la télévision, le championnat de football. Un groupe de jeunes indignés protestent, et exi- gent une autre route, mais leur voix est couverte par le bruit de l‘orchestre et de la télévision.

Certains passagers, aussi bien en Classe affaires qu’économique, sont inquiets. Très inquiets même. Ils savent qu’un certain nombre de passagers clandestins ont réussi à monter sur le transatlantique. Ils se mobilisent activement pour les pourchasser et les jeter à la mer. Une minorité philanthropique pro-pose qu’on leur donne un gilet de sauvetage avant de les abandonner dans l’océan. C’est encore en discussion.

Pendant ce temps, le nouveau Titanic avance, inexorablement, vers son iceberg.

Cette allégorie tragicomique peut servir à illustrer la situation de notre civilisation (capitaliste industrielle moderne) face à la menace, de plus en plus évidente, de la catastrophe écologique, à savoir d’un changement climatique irréversible et incontrôlable, mettant en péril les fondements même de la vie en général, et de la vie humaine en particulier. N’y aurait-il pas là une aliénation de l’humanité tout entière, incapable de parer au danger imminent ?

L’iceberg approche

 Qu’est-ce que donc l’aliénation ? Le dictionnaire Robert en donne deux définitions :

 1) Trouble mental, passager ou permanent, qui rend l’individu incapable de se conduire normalement.

  2) État de l’individu qui devient esclave des choses et  des conquêtes de l’humanité, qui se retournent contre lui.

Sommes-nous dans le premier cas ? Peut-on parler d’une sorte de « trouble mental » collectif, qui rend les individus incapables de se conduire normalement ? Peut- être. Mais plutôt que de « trouble mental », il faudrait parler d’aveuglement volontaire ou de myopie aggravée ou encore de comportement d’autruche (face au danger, la tête dans le sable).

Je penche plutôt pour la deuxième définition du dictionnaire, à condition de l’étendre de l’individu à la collectivité.

L’analyse classique de l’aliénation (Entfremdung) se trouve chez Marx, en particulier dans les Manuscrits de 1844. Pour le jeune Marx l’aliénation est le processus par lequel les produits de l’activité humaine, du travail, de la production, deviennent indépendants de leurs créateurs et prennent la forme d’une puissance autonome, qui échappe à leur contrôle et s’oppose à eux comme hostile et étrangère.

Tel est le cas des marchandises, du marché mondial, des énergies fossiles, de l’agriculture industrielle, du productivisme, du consumérisme. En fait, c’est toute la civilisation industrielle qui est devenue une puissance incontrôlable, qui se retourne contre ses créateurs,  et menace de les détruire. ll est une sorte de système «automate», impersonnel,  qui fonctionne selon ses propres règles parfaitement fondées sur des calculs mathématiques (de pertes et de profits) impéccables. Le Nouveau Titanic navigue  en conduite automatique, dont le fonctionnement est âprement défendu par ceux qui jouissent des privilèges de ce bateau de grand luxe.

Le pire peut encore être évité. On peut encore sortir du cercle infernal de l’aliénation et reprendre le contrôle de la navigation. On peut encore changer de route. Mais le temps presse…

Changeons de route

Qui sont ces jeunes qui tentent, avec une énergie inépuisable, de réveiller les passagers du Nouveau Titanic et rompre le charme mortifère de l’aliénation marchande ? La nouvelle génération est de plus en plus consciente que ce sera à elle de «payer l’addition», dans quelques dizaines d’années, pour l’aveuglement de ceux qui détiennent aujourd’hui le pouvoir, fusse-t-il économique ou politique. Elle comprend très bien que le problème ne se situe pas seulement au niveau des gouvernants – dont l’inertie est évidente, et se traduit dans le spectaculaire échec des dizaines de réunions de la COP, y compris la dernière sur le climat à Charm el-Cheikh, mais dans le système économique en place (i. e. le capitalisme industriel moderne). Cette conscience se traduit dans le mot d’ordre d’innombrables manifestations depuis la Confé- rence de Copenhague en 2009 : « Changeons le système, pas le climat!» Car, comme le résume parfaitement Greta Thunberg : « Il est mathématiquement impossible de résoudre la crise climatique dans le cadre de l’actuel système politique et économique ».

Greta Thunberg – traité de « sorcière » par les fascistes, néo-fascistes et réactionnaires de tout poil – a indéniablement joué un rôle catalyseur dans la mobilisation de la jeunesse pour le climat. Son appel de 2019 à une grève mondiale pour le climat a été suivi par 1,6 million de jeunes dans 125 pays du monde et celui du 20 septembre 2019 par 7 millions! La crise de covid-19 a sans doute ralenti cette mobilisation, mais elle reprend à nouveau, sous mille formes différentes : Friday for Future, Global Climate Strike, Extinction Rebellion, Youth for Climate, etc.

Résumant l’état d’esprit de cette génération, Greta Thunberg déclarait récemment: «Nous ne capitulerons pas sans lutter.» Cette combativité de la jeunesse est notre principal espoir pour éviter le naufrage collectif.

(Paru dans  Ecorev n° 53,  dec. 2022)

El vandalismo de los golpistas contra los tres poderes del Estado en Brasilia

Son muchos los interrogantes que suscita el golpe frustrado del 8 de enero en Brasilia. Horrorizados nos preguntamos cómo hemos podido llegar a ese nivel de barbarie, hasta el punto de destruir los símbolos del gobierno de una nación: los tres poderes, el ejecutivo, el legislativo y el judicial. Esto no sucede por casualidad. Es consecuencia de factores histórico-sociales anteriores que se materializaron en la vandalización de los tres palacios.

Filosóficamente podemos decir que la dimensión de demens(demencia, exceso, ausencia de la justa medida) sofocó la otra dimensión de sapiens (de racionalidad, de equilibrio) que siempre la acompaña, pues esta es la condición humana. Ocurre que lo demensprevaleció sobre lo sapiens e inundó la conciencia de numerosos grupos humanos.

Tal hecho muestra el lado perverso de la cordialidad descrita por Sérgio Buarque de Holanda cuando en Raízes do Brasil (1936) habla del brasilero como hombre cordial. La mayoría de los analistas olvida la nota de pie de página que hace el autor al explicar que cordialidadviene de corazón. En este corazón hay bondad, bienquerencia, hospitalidad. Pero también hay odio, maldad y violencia. Ambos tienen su sede en el corazón de los brasileros. 

El pueblo brasilero mostró la cordialidad en esas dos dimensiones, la luminosa y la tenebrosa. En Brasilia hizo presencia el espíritu de la demencia pura, sin asomo de racionalidad, destruyendo los órganos que representaban la democracia y la república.

¿Por qué irrumpió la demencia? Ella es fruto de una historia demente que comenzó con el genocidio de los pueblos originarios, se implantó en la colonia, que operaba como una factoría, una empresa para hacer dinero y no para fundar una nación. Se agravó desmedidamente durante los 300 años de esclavismo cuando personas arrancadas de África fueron convertidas aquí en cosas, animales para el trabajo, esclavos sometidos a todo tipo de explotación y violencia, hasta el punto de que la edad media de ellos, según Darcy Ribeiro, no pasaba de 22 años, tal era la brutalidad que sufrían. La abolición los lanzó al dios-dará, a la calle y a la favela sin ninguna compensación. Esa deuda clama al cielo hasta el día de hoy. 

Terminada la colonización, el pueblo brasilero, al decir de gran historiador mulato Capistrano de Abreu, fue “capado y recapado, sangrado y resangrado”. Esa lógica no ha sido abolida, pues está presente en los 30 millones de hambrientos, en los 110 millones con insuficiencia alimentaria y en más de la mitad de nuestra población (54% de ascendencia africana) pobre viviendo en las periferias de las ciudades, en las favelas y en condiciones inhumanas.

Los dueños del poder, “la élite del atraso”, como la denomina pertinentemente Jessé Souza, controlaron siempre el poder político lo mismo en las distintas fases de la república que en los pocos períodos de democracia representativa. Las clases adineradas hicieron una política de conciliación entre ellas, jamás de reformas ni de inclusión. Lógicamente se elaboraron varias constituciones, pero ¿alguna vez regularon y limitaron las ganancias de los poderosos?

Nuestro capitalismo es uno de los más salvajes del mundo, hasta el punto de que Chomsky diga: ”Brasil es un tipo de caso especial; raramente vi un país donde elementos de la élite tienen tanto desprecio y odio por los pobres y por el pueblo trabajador”. Nunca se dejó civilizar. Mal pudo haber lucha de clases porque ellos con violencia (secundada por el brazo militar) la aplastaron inmisericordemente.

Tuvimos y tenemos democracia, pero siempre fue frágil y ha sido y es amenazada continuamente, como se vio en los varios golpes, contra Vargas, Jango, Dilma Rousseff y el día 8 de enero de este año. Pero ella siempre resurgió. 

Todo esto debe ser tomado en consideración para que tengamos un marco que nos haga entender el golpe demente y frustrado. Vale la observación de Veríssimo en un twitter: el anti-petismo no es de ahora, el anti-pueblo está en el ADN de la clase dominante. Ella nunca permitió que alguien venido del piso de abajo subiese al de arriba, ocupando el centro del poder, como ocurrió con Lula/Dilma y nuevamente con Lula en 2023. Le ha hecho todo tipo de oposición y maniobras golpistas, apoyadas por el brazo ideológico de la gran prensa corporativa.

Hay otro punto a ser considerado: la cultura del capital. Ella ha exacerbado el individualismo, la búsqueda de bienestar individual o corporativo, nunca para todo un pueblo. Tal ethos ha impregnado la sociedad, los procesos de socialización, las escuelas, las mentes y los corazones de las personas menos críticas. Todos, en cierta forma, somos rehenes de la cultura del capital, pues nos obliga a consumir bienes superfluos, se ha implantado en todo el mundo, generando la desgracia planetaria, lanzando a gran parte de la humanidad a la marginación y poniendo en peligro la vida sobre el planeta Tierra. Ella ha creado consumidores y no ciudadanos.

La dictadura de este individualismo llevó a muchos miles de personas a no querer vivir juntos. Prefieren sus Alfa Villes y sus barrios reservados a adinerados y especuladores. Ahora bien, una sociedad no existe ni se sostiene sin un pacto social. Este se expresa por cierto orden social, materializado en una Constitución y en las leyes que todos se comprometen a aceptar. Pero tanto la Constitución como las leyes son violadas continuamente, pues el individualismo ha solapadoel sentido del respeto a las leyes, a las personas y al orden establecido.

Los que están detrás de la intentona de Brasilia son ese tipo de personas que se consideran por encima del orden vigente. Hay personas de todas las clases, pero principalmente representantes del gran capital. No olvidemos el último informe de Forbes que daba los datos de los opulentos de Brasil: 315 multimillonarios, gran parte viviendo de sus rentas y no de la producción de bienes de consumo.

El factor principal que creó las condiciones para este golpe frustrado fue la atmósfera generada por Jair Bolsonaro, que suscitó la dimensión demente en millones de ciudadanos, dominados por el odio, la truculencia, la discriminación de todo tipo y el desprecio cobarde de los pobres y marginados. A ellos corresponde la principal responsabilidad del envenenamiento de nuestra sociedad con rasgos de inhumanidad, de regresión a modelos sociales anticuados y no contemporáneos. Ni siquiera la religión ha escapado a esta pestilencia, especialmente en grupos de iglesias neopentecostales y también en grupos de católicos conservadores y reaccionarios.

Gracias a la rápida determinación de los Ministros del STF y del TSE especialmente al ministro Moraes y, en el caso del golpe, a la actuación rápida e inteligente del Ministro de Justicia Flávio Dino que convenció al presidente Lula, ante a gravedad de la situación, de ordenar una intervención federal en términos de seguridad en el Distrito Federal. Así, a última hora, se consiguió abortar el golpe. La estupidez de los invasores de las tres Casas del Gobierno y la destrucción que perpetraron en ellas frenó a la junta militar que, según el plan del golpe revelado, asumiría el poder en forma de una dictadura con la prisión de todos los ministros, clausura del Congreso y actos de represión ya conocidos en nuestra historia.

La democracia puede tener sus defectos y sus límites, pero todavía es la mejor forma que nos permite vivir juntos, como ciudadanos participativos y con garantía de derecho. Sin ella resbalamos fatalmente hacia la barbarie y la deshumanización en las relaciones personales y sociales. Esa democracia tiene que ser construida día a día, ser cotidiana, abierta a enriquecimientos y a transformarse en una verdadera cultura permanente.

*Leonardo Boff ha escrito Brasil:concluir la refundación o prolongar la dependencia, Vozes 2018: Habitar la Tierra: cuál es el camino para la fraternidad universal, Vozes 2022.

Traducción de Mª José Gavito Milano

BENOÎT XVI – Un pape de l’ancienne Chrétienté

Chaque fois qu’un Pape meurt, toute la communauté ecclésiale et mondiale est émue, parce qu’elle voit en lui le garant de la foi chrétienne et le principe de l’unité entre les diverses Églises locales. De nombreuses lectures de la vie et des actes d’un Pontife peuvent être faites. J’en ferai une à partir du Brésil (Amérique latine), certainement partielle et incomplète.

Il faut constater que 23,18% des catholiques se situent en Europe et 62% en Amérique latine ; le reste en Afrique et en Asie. L’Église catholique est une Église du Deuxième et du Tiers Monde. Les futurs Papes viendront probablement de ces Églises, pleines de vitalité et porteuses de nouvelles formes d’incarnation du message chrétien dans les cultures non occidentales.

En ce qui concerne Benoît XVI, il convient de distinguer le théologien Joseph Ratzinger et le pontife Benoit

Le théologien Joseph Alois Ratzinger était un intellectuel et théologien typique d’Europe centrale, brillant et érudit. Ce n’était pas un créateur, mais un expert de la théologie officielle. Cela était clairement apparu dans les différents entretiens publics auxquels il participait avec des athées et des agnostiques.

Il n’a pas introduit de nouvelles perspectives, mais a donné une nouvelle expression aux vues traditionnelles, en particulier fondées sur saint Augustin et saint Bonaventure. Peut-être quelque chose de nouveau était sa proposition de considérer l’Église comme un petit groupe très fidèle et saint en tant que « représentation » de l’ensemble. Le nombre de fidèles n’était pas important pour lui :  un petit groupe hautement spirituel suffisait pour représenter l’ensemble. Mais il est apparu qu’au sein de ce groupe de purs et de saints il y avait des pédophiles et des membres impliqués dans des scandales financiers, ce qui a mis en échec sa thèse de la Représentation.

Une autre position singulière, qui a fait l’objet d’une controverse sans fin avec moi, mais qui s’est propagée dans l’Église, était l’interprétation selon laquelle «l’Église catholique est l’unique Église du Christ». Les discussions conciliaires et l’esprit œcuménique ont changé le verbe « est » par « subsiste ». ce qui ouvrait un chemin pour que, dans d’autres Églises, l’Église du Christ « subsiste » également. Ratzinger a toujours déclaré que ce changement n’introduisait qu’un synonyme de « est », ce que l’examen approfondi des procès-verbaux théologiques du Concile n’a pas confirmé. Mais il a continué à soutenir sa thèse. Il a également déclaré que les autres Églises ne sont pas des Églises au sens plein, mais ne disposent que d’éléments partiels.

Il a poursuivi en disant à plusieurs reprises que ma position s’était généralisée parmi les théologiens, ce qui suscitait de nouvelles critiques de sa part. Cependant, il était isolé parce qu’il avait causé une grande déception chez d’autres Églises chrétiennes, telles que luthérienne, baptiste, presbytérienne et d’autres, en fermant la porte au dialogue œcuménique.

Il a compris l’Église comme une sorte de château fortifié contre les erreurs de la modernité, en plaçant l’orthodoxie de la foi, toujours liée à la vérité (son tonus firmus), comme référence principale. Malgré son caractère personnel sobre et courtois, il s’est montré comme préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, extrêmement dur et implacable.

Une centaine de théologiennes et théologiens, parmi les plus éminents, ont été condamnés soit à la suppression de leur chaire, soit à l’interdiction d’enseigner et d’écrire de la théologie, soit, comme dans mon cas, au « silence obséquieux » Ainsi des noms notables de l’Europe comme Hans Küng, Edward Schillebeeck, Jacques Dupuis, B. Haering, J. M. Castillo entre autres. En Amérique latine, le fondateur de la théologie de la libération, le Péruvien Gustavo Gutiérrez, Jon Sobrino,la théologienne Ivone Gebara ont été censurés, ainsi que l’auteur de ces lignes. D’autres ont été touchés aux États-Unis, comme Charles Curran et R. Haight. Les livres d’un théologien indien décédé, le père Anthony de Mello, ont été  interdits, comme ceux d’un autre indien, Belasurya.

Nous, les théologiens déçus d’Amérique latine, n’avons jamais compris pourquoi a été interdite la collection « Théologie et libération », en 53 volumes, impliquant des dizaines de théologiens et de théologiennes (environ 25 tomes avaient été publiés) qui étaient destinés à une diffusion aux séminaires, aux communautés ecclésiales de base et aux groupes chrétiens engagés sur les droits de l’homme. C’était la première fois qu’une œuvre théologique majeure avait été produite, en dehors de l’Europe, avec une réputation mondiale. Mais ce projet a rapidement été avorté. Le théologien Joseph Ratzinger s’est révélé être un ennemi des amis des pauvres. Cela s’inscrira négativement dans l’histoire de la théologie.

Beaucoup de théologiens affirment qu’il avait une obsession à l’encontre du marxisme, mal ressentie en Union soviétique. Il a publié un document sur la théologie de la libération, Libertatis nuntius (1984), plein d’avertissements, mais sans condamnation explicite. Un autre document ultérieur, Libertatis conscientia (1986) soulignait des éléments positifs, mais avec trop de restrictions.

On peut dire qu’il n’a jamais compris la clef de cette théologie : le « choix des pauvres contre la pauvreté et pour la libération ». Elle faisait des pauvres des protagonistes de leur libération, et non plus les simples bénéficiaires de la charité et du paternalisme selon le point de vue traditionnel partagé par le pape Benoît XVI.

Benoît XVI, en tant que Pontife, a inauguré le « Retour à la Grande Discipline », avec une nette tendance réparatrice et conservatrice, au point de réintroduire la messe en latin et en tournant le dos au peuple. Cela a provoqué un étonnement général dans l’Église elle-même lorsqu’en 2000 il a publié le document « Dominus Jesus ». Il y réaffirmait l’ancienne doctrine médiévale et dépassée par le Concile Vatican II, selon laquelle «hors de l’Église catholique, pas de salut». Les non-chrétiens couraient de graves risques ! De nouveau il refusait la qualification d’Eglise aux autres Églises, ce qui a provoqué une irritation générale. Elles ne seraient que des communautés ecclésiales. Avec toute son argumentation, il s’est opposé aux musulmans, aux évangéliques, aux femmes et a soutenu la mouvance intégriste contre Vatican II.

Sa façon de diriger l’Église n’était pas charismatique comme celle de Jean-Paul II. Il était plus motivé par l’orthodoxie et l’attachement aux vérités de foi que par l’ouverture au monde et le souci du peuple chrétien qui animent le Pape François.

Il a été un authentique tenant de l’ancienne chrétienté européenne avec son faste et son pouvoir politico-religieux. Dans la perspective actuelle de planétisation, la culture européenne, riche dans tous les domaines, s’est renfermée sur elle-même. Elle s’est rarement montrée ouverte à d’autres cultures anciennes telles que celles d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Elle ne s’est jamais délivrée d’une certaine attitude de supériorité qui l’a conduite à coloniser le monde entier, selon une tendance qui n’est pas encore complètement surmontée.

Malgré ces réserves, par ses vertus personnelles et l’humilité dont il a fait preuve en renonçant, à cause du déclin de ses forces, à la charge papale, Benoît XVI sera sûrement compté parmi les Bienheureux.

Leonardo Boff, théologien catholique brésilien.

Si rifiutano di vivere nella democracia: il senso del golpe demenziale in Brasilia

Sono molti gli interrogativi sollevati dal fallito golpe dell’8 gennaio a Brasilia. Storditi, ci chiediamo come siamo potuti arrivare a questo livello di barbarie al punto da distruggere i simboli del governo di una nazione: i tre poteri, l’esecutivo, il legislativo e il giudiziario? Questo non accade per caso. È una conseguenza di precedenti fattori storici e sociali che si sono concretizzati negli atti di vandalismo all’interno dei tre palazzi.

Filosoficamente possiamo dire che la dimensione del demens (follia, eccesso, assenza della giusta misura) ha soffocato l’altra dimensione del sapiens (della razionalità, dell’equilibrio) che sempre l’accompagna, perché questa è la condizione umana. Si è verificato che il demens ha prevalso sul sapiens e ha inondato la coscienza di numerosi gruppi umani.

Questo fatto mostra il lato perverso della cordialità descritta da Sérgio Buarque de Holanda quando in Raízes do Brasil (1936) parla del brasiliano come di un uomo cordiale. La maggior parte degli analisti dimentica la nota a piè di pagina che l’autore fa quando spiega che la cordialità viene dal cuore. In questo cuore c’è la gentilezza, la buona volontà, l’ospitalità. Ma c’è anche l’odio, il male e la violenza. Entrambi hanno il loro quartier generale nel cuore dei brasiliani.

Il popolo brasiliano ha mostrato la cordialità in queste due dimensioni, quella luminosa e quella oscura. A Brasilia è disceso lo spirito della pura demenza, senza alcun accenno di razionalità, distruggendo gli organismi che rappresentavano la democrazia e la repubblica.

Perché è scoppiata la demenza? È il frutto di una storia demenziale iniziata con il genocidio dei popoli originari, si è impiantata la colonia come una impresa commerciale, un’azienda per fare soldi e non per fondare una nazione. Ciò si è aggravato oltre misura per i 300 anni di schiavitù, quando le persone sradicate dall’Africa sono state rese qui cose, animali da lavoro, schiavi sottoposti a ogni tipo di sfruttamento e violenza al punto che la loro età media, secondo Darcy Ribeiro, non superava i 22 anni, tale fu la brutalità che subirono. L’abolizione della schiavitù li ha gettati nelle mani della provvidenza, per strada e nelle favela senza alcuna tutela. Questo debito grida al cielo fino ad oggi.

Terminata la colonizzazione, il popolo brasiliano, nelle parole del grande storico mulatto Capistrano de Abreu, “ha resistito ed è stato riconquistato, ha sanguinato e risanguinato”. Questa logica non è stata abolita in quanto è presente nei 30 milioni di affamati, nei 110 milioni con insufficienza alimentare e con più della metà della nostra popolazione (54% di origine africana) povera che vive nelle periferie delle città, nelle favela e in condizioni disumane.

I padroni del potere, “l’élite dell’arretratezza” come la chiama giustamente Jessé Souza, hanno sempre controllato il potere politico anche nelle varie fasi della repubblica e nei pochi periodi di democrazia rappresentativa. Le classi abbienti hanno fatto tra loro una politica di conciliazione, mai di riforme e di inclusione. Logicamente, sono state create diverse costituzioni, ma quando hanno regolato e limitato l’avidità dei potenti?

Il nostro capitalismo è uno dei più selvaggi del mondo, al punto che Chomsky ha detto: Il Brasile è una specie di caso speciale; raramente ho visto un paese in cui elementi dell’élite nutrono un tale disprezzo e odio per i poveri e i lavoratori”. Non si è mai lasciato civilizzare. Non c’è stata quasi lotta di classe perché loro [l’elite al potere] l’hanno schiacciata spietatamente con la violenza (sostenuti dal braccio militare).

Abbiamo avuto e abbiamo a democrazia, ma sempre è stata fragile ed è stata ed è continuamente minacciata, come si è visto nei vari golpe contro Vargas, Jango, Dilma Rousseff e l’8 gennaio di quest’anno. M è sempre risorta.

Bisogna tener conto di tutto questo per avere un quadro che ci faccia capire il recente golpe demenziale e frustrato. Vale la pena notare l’osservazione di Veríssimo su Twitter: l’anti-petismo non è nuovo, l’anti-popolo è nel DNA della classe dominante. Questa non ha mai permesso a chi veniva dal piano più basso di salire a un altro, occupando il centro del potere, come è successo con Lula/Dilma e ancora con Lula nel 2023. Ha fatto ogni tipo di opposizione e manovre golpiste, appoggiata dal braccio ideologico della grande stampa aziendale.

C’è un altro punto da considerare: la cultura del capitale ha esasperato l’individualismo, la ricerca del benessere individuale o aziendale, mai di un intero popolo. Tale ethos ha permeato la società, i processi di socializzazione, le scuole, le menti e i cuori delle persone meno critiche. Siamo tutti, in un certo senso, ostaggi della cultura del capitale perché ci costringe a consumare beni superflui e si è impiantata in tutto il mondo, generando la disgrazia planetaria, gettando nell’emarginazione gran parte dell’umanità e mettendo a rischio la vita sul pianeta Terra. [La cultura del capitale] ha creato consumatori e non cittadini.

La dittatura di questo individualismo ha portato molti, a migliaia a non voler vivere insieme. Preferiscono le loro ‘Alfa Villes’ e i loro quartieri chiusi, riservati ai ricchi e speculatori. Ora, una società non esiste e non si sostiene senza un patto sociale. Si esprime attraverso un certo ordine sociale, materializzato in una Costituzione e nelle leggi che tutti si impegnano ad accettare. Ma sia la Costituzione, sia le leggi sono continuamente violate, poiché l’individualismo ha minato il senso del rispetto delle leggi, delle persone e dell’ordine concordato.

Coloro che stanno dietro al tentativo di Brasilia sono quei tipi di persone che si considerano al di sopra dell’ordine esistente. Ci sono persone di tutte le classi, ma principalmente rappresentanti del grande capitale. Non dimentichiamo l’ultimo rapporto di Forbes che dava i dati sugli opulenti brasiliani: 315 miliardari, la maggior parte dei quali vive di rendita piuttosto che di produzione di beni di consumo.

Il principale fattore che ha creato le condizioni per questo golpe fallito è stata l’atmosfera creata da Jair Bolsonaro, che ha suscitato la dimensione demenziale in milioni di persone, presi da odio, truculenza, discriminazione di ogni tipo e vile disprezzo per i poveri e gli emarginati. A loro va attribuita la responsabilità principale per l’avvelenamento della nostra società con tratti di disumanità, regressione a modelli sociali vecchi e non contemporanei. Nemmeno la religione è sfuggita a questa pestilenza, soprattutto nei gruppi di chiese neo-pentecostali e anche nei gruppi di cattolici conservatori e reazionari.

Grazie alla rapida determinazione dei ministri del Supremo Tribunal Federal e del Tribunal Superior Eleitoral, in particolare del ministro Moraes e nel caso del golpe, l’azione rapida e intelligente del ministro della Giustizia Flávio Dino che ha convinto il presidente Lula, vista la gravità della questione, a ordinare un intervento federale in materia di sicurezza nel Distretto Federale di Brasilia. Così, all’ultimo momento, si è riusciti a far abortire il golpe. La stupidità degli invasori dei tre Palazzi della Democrazia e le distruzioni che vi hanno perpetrato, hanno frenato la giunta militare che, secondo il piano svelato del golpe, avrebbe assunto il potere sotto forma di dittatura con l’arresto di tutti i ministri, la chiusura del Congresso e atti di repressione già conosciuti nella nostra storia.

La democrazia può avere i suoi difetti e limiti, ma è ancora la migliore forma per permetterci di vivere insieme, come cittadini partecipativi e con la garanzia di diritti. Senza di essa, scivoliamo fatalmente nella barbarie e nella disumanizzazione delle relazioni personali e sociali. Questa democrazia deve essere costruita giorno per giorno, essere quotidiana, aperta all’arricchimento e trasformarsi in una vera cultura permanente.

Leonardo Boff Abitare la Terra: vie per la fraternità universale, Castelvecchi, Roma 2021

(traduzione dal portoghese di Gianni Alioti)